Tout ce que vous devez vraiment savoir sur Google

Posté par Auteur le 30 mai 2014

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Google n’est pas une entreprise comme les autres. Elle s’est positionnée, à la base, sur le secteur du moteur de recherche mais elle tend à se diversifier de manière beaucoup plus large. Google vise l’intelligence artificielle, la singularité, la robotique, le transhumanisme ainsi que de nombreux projets innovants qui vont modifier en profondeur notre civilisation. Les cadenas rouge et jaune représentés sur le logo de la photo de cet article servent à montrer que Google détient un immense savoir-faire sans toutefois le diffuser. Google fait de la rétention d’information comme toutes les multinationales.

L’entreprise a été fondée par Larry Page et Sergueï Brin le 4 septembre 1998 dans un garage, loué à une connaissance de Sergueï, situé à Menlo Park dans la Silicon Valley. L’entreprise est vite prospère et se développe rapidement. Dix années plus tard, Google, dont le siège est basé à Mountain View, valait déjà 210 milliards de dollars. Actuellement, la société est devenue un véritable Empire. Elle s’est officiellement spécialisée, notamment, dans de nombreux domaines comme la messagerie électronique, les systèmes d’exploitation, les réseaux sociaux, le partage de données, les navigateurs internet, le travail collaboratif. L’entreprise possède, en 2014, un immense parc informatique composé de plus d’un million de serveurs, ce qui en fait le parc le plus imposant au monde.

Sergueï Brin est actuellement le directeur technique de Google. Sa fortune personnelle est estimée à 19 milliards de dollars. Sergey épouse Anne Wojcicki en 2007. Elle est cofondatrice de 23andme.com, société de biotechnologie qui propose à ses clients une analyse de leur code génétique. Sergey a financé des recherches sur la maladie de Parkinson, maladie dont il est lui-même atteint.

Larry Page, quant à lui, est PDG de Google depuis 2011 à la suite d’Eric Schmidt. C’est un homme introverti, mystérieux, intransigeant et surtout très ambitieux. Il reste loin des médias, déteste les apparitions en public ainsi que les conférences de presse. Larry est passionné de kitesurf, de randonnées en Alaska et véritablement fanatique du festival Burning Man dont on voit, sur la photo de l’article, l’idole de bois en proie aux flammes. Ce festival est très révélateur de l’état d’esprit de Larry et plus généralement des passionnés de technologie. Nous allons, par conséquent, y revenir plus loin.

Larry Page avait prononcé un discours sur l’intelligence artificielle en octobre 2000, celui-ci n’est pas à prendre à la légère. Nous voyons aujourd’hui apparaître progressivement ce qu’il avait annoncé à l’époque. « Je pense que Google est génial parce qu’en fait, l’intelligence artificielle sera la version ultime de Google. Pour avoir un moteur de recherche parfait il faudrait qu’il comprenne tout sur le web. Il faudrait qu’il comprenne exactement ce que vous voulez, et vous amènerait la bonne information. Répondre à n’importe quelle question c’est évidemment construire une intelligence artificielle, parce que presque tout est sur internet, n’est-ce pas ? Nous sommes très loin de réaliser cela à l’heure actuelle. Cependant nous nous en rapprochons de manière incrémentale, c’est ce sur quoi nous travaillons. Et c’est extrêmement intéressant d’un point de vue intellectuel. »

Parlons maintenant de Google X Lab. Il s’agit d’un complexe secret appartenant à l’entreprise. Celui-ci travaillerait sur une centaine de projets futuristes mais, actuellement, nous n’en connaissons officiellement que douze. Le laboratoire tente de créer des lentilles permettant de détecter le taux de glucose chez les diabétiques. Il est en train de développer un implant cérébral permettant de répondre instantanément aux questions grâce aux informations issues de l’Internet. Les célèbres Google Glass proviennent également de ce même laboratoire. Ce n’est pas tout, l’entreprise travaille sur le décodage génétique, sur la création de robots divers et variés, sur des turbines volantes, des capsules spatiales de récupération de météorites, des voitures sans chauffeur, de la viande artificielle, des ballons stratosphériques connectés à l’Internet. Encore plus fort, Google se penche sur la lutte contre le vieillissement et les maladies dégénératives. Enfin, le laboratoire œuvre sur une division robotique en lien avec le Pentagone et le DARPA. Google n’est donc plus seulement une entreprise informatique classique, c’est une firme spécialisée dans les projets futuristes de pointe.

Google devient une gigantesque entreprise possédant un immense savoir-faire. Son influence est grandissante sur notre civilisation. Ses travaux secrets effectués dans le laboratoire Google X annoncent un changement sociétal majeur par la technologie. Il est bon de noter que la liste des acquisitions de Google est tout simplement stupéfiante, ce n’est pas moins de 153 entreprises achetées en 13 ans, la liste se trouve sur ce lien et sur celui-ci. On constate que Google investit dans toutes sortes d’entreprises spécialisées dans l’intelligence artificielle, la robotique, le e-commerce, le cloud computing, la sécurité informatique, les applications mobiles, la reconnaissance vocale, la voix sur ip, la compression vidéo, la publicité, l’analyse de trafic, l’analyse de carte, les réseaux sociaux, la reconnaissance faciale, le GPS, etc…

Google vient de dévoiler ses prototypes de voiture sans conducteur. Pour l’instant, elles sont opérationnelles pour rouler sur les routes de quelques États américains. Concrètement, ces voitures, ressemblant à des smart, sont totalement autonomes. Elles possèdent seulement deux sièges, sans tableau de bord ni volant, et roulent à une vitesse de 40 km/h. L’objectif de Google est d’inciter les constructeurs d’automobiles à produire de tels véhicules. Pour sa part, l’entreprise américaine souhaiterait se recentrer sur la publicité à diffuser pendant ces trajets. Les spots publicitaires seraient projetés sur le pare-brise de ces voitures automatisées, selon un courrier qu’elle aurait adressé à la Securities and Exchange Commission. Les frigidaires, thermostats, lunettes et montres seraient également victimes du penchant publicitaire de Google.

Il est important de rebondir là-dessus. L’homme façonné selon Google, deviendrait un consommateur passif qui se laisserait guider par les machines en regardant des spots publicitaires. Cela fait penser à l’univers du film « Demolition Man » dans lequel les citoyens chantonnent gaiement sur l’air des publicités du « géant vert ». Sur le long terme, de tels individus seraient tranquillement assis dans leur véhicule en savourant leur inactivité parfaite. On se demande quel serait l’intérêt d’un tel assistanat. Il semble plutôt évident que les anciens milliardaires, dans un tel monde, auraient quelque chose à gagner. Ils pourraient développer leur intelligence, mettre à exécution leur ambition pendant que les spectateurs-citoyens se transformeraient lentement en plantes vertes décérébrées sans que quiconque ne s’en offusque. Une dangereuse théorie qui sait vendre ses mérites est rarement accusée de tous les maux, c’est souvent dans le silence du peuple qu’elle évolue. Quelques têtes brûlées risqueraient de se rebiffer au début avant d’accepter, finalement, de se laisser porter par cette torpeur subtilement mortifère. La déchéance de ces individus risquerait alors de progresser en même temps que leur vigilance déclinerait.

Nous allons maintenant aborder le thème du festival favori du PDG de Google. Le concept du « Burning Man » est réinventé par Larry Harvey en 1986. Celui-ci propose de brûler un mannequin géant sur la plage de Baker Beach. Selon wikipedia, le « festival, qui a les traits d’une utopie temporaire mais aussi d’une fête païenne s’achevant en apothéose par le bûcher d’une grande effigie humaine, est sous-tendu néanmoins par une philosophie passablement élaborée, que les organisateurs ont tenté de structurer par l’énoncé de dix préceptes. »

C’est en 1990 que la fête se déroule dans une ville temporaire située en plein désert du Nevada, elle est baptisée Black Rock City. Le festival attire, en toute logique, des Américains, des Européens ainsi que des Asiatiques plutôt fortunés. Il paraît évident qu’il est indispensable d’avoir un certain confort de vie pour être en mesure de se rendre dans un tel endroit. À moins d’économiser pendant quelques années, ce n’est pas un salarié moyen, avec ses charges familiales, qui est en mesure d’y faire la fête. Cet immense festival se déroule dans un esprit de créativité et une ambiance hors norme dans laquelle la surenchère est une composante importante. Il est cependant indispensable de respecter son décalogue, c’est-à-dire ses dix lois que voici.

1) Radical inclusion : Tout le monde, sans exception, est accepté.
2) Gifting : Le don, sans attente de retour, est essentiel. Il peut être matériel (argent, objet, etc…) ou virtuel (service, poème, soin, etc…).
3) Decommodification : Le commerce est exclu, l’argent ne sert qu’à acheter de la glace ou du café.
4) Radical Self-Reliance : Chaque individu est invité à s’exprimer en utilisant ses ressources intérieures sans toutefois compter sur les autres, sauf, bien évidemment, en cas de problème.
5) Radical Self-Expression : La liberté d’expression est totale et chacun est invité à s’exprimer de la manière qu’il le souhaite.
6) Communal Effort : La collaboration, le bénévolat, l’entraide sont vivement encouragés afin que la ville du festival soit entretenue.
7) Civic Responsibility : Le comportement de chacun doit être respectueux envers les uns les autres.
8) Leave no trace : Il ne doit rester aucune trace, aucun déchet, du passage du festival. Chacun doit apporter avec lui ses affaires et ses aliments.
9) Participation : Les individus ne doivent pas être spectateurs mais véritablement acteurs pendant la durée du festival.
10) Immediacy : L’expérience immédiate dans la plus pure expression est encouragée.

Il faut compter au moins 1500€, pour quinze jours, par couple si l’on y inclut la voiture de location. Il faut avoir un minimum de budget, être disponible pendant deux semaines complètes, ne pas être accompagné d’enfants et apporter avec soi les accessoires suivants :

Un vélo par personne, des tenues vestimentaires nombreuses et variées pour être en mesure de se changer le jour et la nuit, une grande tente, des glacières et de la glace, du matériel de cuisine, des sacs de congélation, des chaussures fermées, des lampes, des piles, des batteries, un chapeau, des lunettes de soleil, de la crème solaire et de la biafine, des gourdes, des lunettes étanches au sable également appelées goggles, une ceinture fourre-tout, du scotch épais, des colliers en plastique, des lingettes pour bébé, de nombreux outils divers et variés, un appareil photo, une caméra, des talkies-walkies, un lecteur mp3, une trousse à pharmacie bien remplie, du mobilier de camping, de nombreux cadeaux à offrir, le nécessaire pour la douche, des habits chauds, un sac d’affaires pour le retour, des bâtons lumineux ainsi que de la peinture Fardel pour le corps.

Ces affaires demandent un investissement plutôt conséquent de l’ordre de 5 000€ à 8 000€. Un budget minimal de 7 000€ pour la première année, si l’on doit acquérir cet équipement, ne semble pas du luxe. Les personnes défavorisées, les travailleurs pauvres, les classes moyennes sont implicitement écartés de ce festival. Cela dénote un certain élitisme déguisé malgré la première loi appelée Radical Inclusion.

Pour mettre en valeur l’importance que représente, pour Larry Page, ce festival, il est nécessaire de citer une partie de son discours qu’il a prononcé en 2013 à la conférence annuelle Google I/O (Input/Output pour les non-informaticiens. Ce que l’on peut traduire par échanges d’informations). «Peut-être pourrions-nous mettre de côté une partie du monde. J’aime aller à Burning Man. En tant que technologue, j’estime que nous avons peut-être besoin de quelques endroits sûrs où nous pouvons essayer des choses nouvelles sans avoir à les déployer face au monde entier. »

Il faut savoir que le festival attire de plus en plus de geeks et autres passionnés de nouvelles technologies. Ce festival ne ressemble pourtant pas à ses ancêtres. Au départ, tout est issu du Suicide Club, inventé par Gary Warne et quelques amis, en 1977. Le but du groupe était de visiter des lieux urbains pour vivre des expériences fortes à travers des actions spectaculaires. Le club est arrêté en 1982 parce qu’il était devenu plutôt sectaire et ne correspondait plus à l’esprit de Gary. Suite à plusieurs d’années d’ennui, c’est en 1986 que les ex-membres du groupe décident de créer la Cacophony Society. Ce mouvement était beaucoup plus fédérateur que son prédécesseur parce qu’il s’ouvrait à toutes sortes d’initiatives loufoques, déjantées, anarchistes, spectaculaires, étranges, etc… Une réalité alternative en découlait, un nouveau monde temporaire était créé pendant le temps de l’événement. Le film « Fight Club » s’est d’ailleurs inspiré de cet étrange mouvance. C’est après cela que Burning Man est , mais, au fil des années, le mouvement s’est transformé en un rassemblement New Age, éclectique, technologique et capitaliste, cela même si le commerce y est interdit sur place.

C’est ce que confirme d’ailleurs John Law, l’un des cofondateurs de la Cacophony Society et du Burning Man, à travers ses propos. « Ça s’est professionnalisé, avec le contrôle renforcé qu’implique toute bureaucratie. C’est devenu un lieu de vacances pour les informaticiens. Beaucoup parlent de Burning Man comme d’une utopie, mais l’hédonisme ne me semble pas une bonne pierre d’angle pour édifier un mouvement. » « Agrandir une image centrale, même s’il n’y a pas de mauvaise intention derrière, je trouve ça répréhensible. Burning Man est devenu ce qu’il est parce que les gens ont réalisé qu’ils pouvaient faire leur propre création dans cet endroit extraterrestre. Et parce que l’environnement générait un nouveau genre de communauté, mais une communauté de marginaux. Je ne veux pas que tout le monde ait la même idée, ça deviendrait ennuyeux. » Ce qu’il faut comprendre, c’est que le festival Burning Man a été instrumentalisé. Si au départ son esprit était déjanté, il est devenu, aujourd’hui, plus conformiste et sert une cause foncièrement différente. Un certain techno-centrisme élitiste y règne. Dans quel but ? Nous allons essayer de comprendre ce qu’il en est.

Ce festival est New Age parce qu’il a un côté spirituel prononcé, issu d’un syncrétisme religieux. Par exemple, un temple temporaire, contenant un autel, est construit puis détruit par les flammes à la fin du séjour. On peut venir y prier comme dans un temple bouddhiste et laisser des lettres aux défunts. Dans ce festival, on se recueille et l’on se recentre sur soi-même. Sans rentrer dans les détails, ces actes sont typiques de la méditation. Cette volonté de se détendre dans une ambiance sans règle et sans religion, comme le dit Yann Arthus Bertrand, montre bien que la spiritualité est nouvelle. Par conséquent, elle découle directement de cette étrange atmosphère typique du New Age, loin des règles religieuses, mais basées sur l’expérience individuelle et directe si chères à la gnose universelle. En réalité, cette spiritualité n’est pas nouvelle, elle est ancienne. Les gnostiques revendiquent leur existence depuis la nuit des temps. La mouvance New Age n’est finalement qu’une renaissance de l’antique gnose.

Ce festival est éclectique parce qu’on y rencontre toutes sortes de personnes ou de groupes comme en témoignait Matt Wray en 1995. « Toutes sortes d’espèces coexistent ici, une encyclopédie vivante de sous-culture : des survivants du désert, des primitifs urbains, des artistes, des rocketeers, des hippies, des deadheads, des queers, des pyromanes, des cybernautes, des musiciens, des harangueurs, des frappés de l’éco, des têtes d’acide, des éleveurs, des punks, des amoureux des armes, des danseurs, des amateurs de sado-maso, des nudistes, des réfugiés du mouvement des hommes, des anarchistes, des raveurs, des transgenres et des spiritualistes New Age ».

Ce festival est technologique comme en témoigne, en 1996, Bruce Sterling dans Wired Magazine en affirmant que Black Rock City ressemblait à une « version physique d’Internet ». Très rapidement, Burning Man devient le lieu de prédilection des élites de l’informatique. Cela s’explique par le fait que la cyber-culture est née de la contre-culture de la fin des années 1970. Le festival est un sujet de discussion sur la communauté virtuelle The Well, créée par Stewart Brand, dès 1994. L’Internet permet à la communauté Burning Man de rester en contact toute l’année grâce, notamment, aux listes de diffusion. Ce lieu est idéal pour Larry Page parce que comme il le dit lui-même, il peut tester les dernières trouvailles de Google en toute liberté dans cette fête extravagante, hors du commun et hors du temps. Dans ce lieu à l’atmosphère résolument païenne, les équipes de Google sont invisibles parce qu’elles sont noyées parmi les 58 000 participants excentriques du festival. Ce lieu est apprécié pour sa technologie, son esprit festif ainsi que son individualisme exacerbé.

Ce festival est capitaliste, malgré ce refus de commercer sur place, parce que les places se monnaient. En 2013, un billet coûtait 380 dollars. Le cofondateur du Burning Man, Larry Harvey, annonce qu’il ne croit pas en l’amour mais au commerce. Il est le président du festival Burning Man et de l’entreprise Black Rock City, LLC qui a effectué 22 000 000 de dollars de chiffre d’affaires en 2013 grâce à ses 58 000 billets vendus. Sur place, chaque membre doit travailler bénévolement pour le bon fonctionnement du festival. Il est évident que dans ces conditions, les bénéfices sont importants et doivent très certainement financer des projets que nous ne connaissons évidemment pas. Il y a une contradiction évidente entre le bénévolat pratiqué sur place et la vente des billets permettant de rejoindre le festival. L’argent supervise le festival même s’il ne se trouve pas à l’intérieur de celui-ci.

Larry Harvey souhaite que les gens changent grâce à l’« effet burning ». Comme il le dit lui-même, « ce qui se passe après, c’est cela le plus intéressant. On s’en est rendu compte avec le temps. Les gens rentrent chez eux. Ils changent leur manière de vivre. Ils changent leur relation à l’autre. Ils vont parler avec leur voisin comme ils n’auraient jamais pu le faire auparavant. Chez nous, on pense que quand on atteint une certaine échelle au niveau global, que les comportements imprègnent tous les recoins de la société, alors c’est à ce moment là que vous commencez à changer le monde. »

Ce festival a une forte influence sur les mentalités, comme on a pu le voir. Il attire toujours plus de nouveaux adeptes provenant du monde entier. Le fait que les participants et les médias en parlent génère un effet boule de neige. Cela pourrait probablement avoir pour effet, sur le long terme, de préparer la civilisation occidentale à cette « nouvelle religion ». Même si les fidèles du festival se rassemblent dans un cadre spirituel sans rapport à l’argent, ce dernier est toujours utilisé pour financer Burning Man. Par conséquent, d’un point de vue financier, ce sont les dirigeants de celui-ci qui sont les grands gagnants. Ce n’est d’ailleurs pas anodin si Larry Page, le PDG actuel de Google, annonce que « si on était vraiment motivé uniquement par l’argent, cela ferait longtemps qu’on aurait revendu la société et que l’on serait sur la plage » et que « si vous ne faites pas des choses folles c’est que vous faites la mauvaise chose ». Il est bon de noter que Larry Page possède une fortune personnelle estimée à 28 milliards de dollars, ce qui est tout simplement considérable.

Dans ce festival, les gens redeviennent sauvages. Ils laissent librement exprimer leurs émotions, que ce soit de la violence, du sexe, des larmes ou autre chose. Dans la société traditionnelle, les caractéristiques de l’individu sont normalement plus ou moins refoulées afin que l’ensemble des individus ne craignent pas l’excès émotionnel d’un tiers ou d’un groupe de tiers. Dans une société sans refoulement, le danger est grand de voir un groupe d’individus s’exprimer sans retenue. Au départ, ce qui semblait sympathique, jovial et surtout innocent se transforme peu à peu en monstruosité, cela jusqu’au point de rupture final. C’est ainsi que le mieux devient l’ennemi du bien. Ce qu’il faut comprendre, c’est que dans une telle société, il n’y a plus de lois appliquées à l’ensemble de la civilisation. Les règles s’établissent au niveau de l’individu. Cette liberté peut potentiellement se transformer en enfer pour ceux qui la subissent. Cependant, cette nouvelle philosophie ne naît pas « comme par enchantement », ce sont des élites qui l’établissent et la mettent en pratique. Ces dirigeants deviennent les maîtres de la société qu’ils ont engendrée. C’est ce que l’on constate d’ailleurs avec le festival organisé par Larry Harvey. Celui-ci l’encadre financièrement mais il ne subit pas ses règles. Son argent le place au-dessus du lot.

Cette société, précédemment décrite, ressemble plus ou moins à celle de nos lointains ancêtres. Le risque est que les pulsions animales s’emparent du groupe pour le ramener à l’âge de pierre, avec ses superstitions, sa peur des esprits et des éléments naturels ainsi que son idolâtrie primaire. L’involution pourrait bien se faire passer pour l’évolution si le Burning Man prenait de l’ampleur conformément à la volonté de certains. Dans un tel univers, le savoir ainsi que le savoir-faire seraient détenus par les entreprises qui deviendraient alors les seules nouvelles élites. Le monde se scinderait, plus ou moins, en deux parties. D’un côté, il y aurait ceux qui détiennent le savoir, les richesses, c’est-à-dire les personnes fortunées, artistiques, élitistes ou encore iconoclastes. De l’autre côté, il y aurait une majorité de gens soumis au système sans espoir de pouvoir en réchapper.

Les élites situées du bon côté de la barrière deviendraient des gardes-chiourmes, à la fois juge et partie. Par contre, les hommes pris au piège de l’autre côté ne s’apercevraient de rien parce qu’ils seraient abaissés au rang d’esclaves dès leur enfance. Le savoir, l’information deviendraient, dans un tel monde, de l’or. Ceux qui n’en posséderaient pas ne seraient pas seulement pauvres, ils seraient prisonniers à perpétuité de leurs propres conditions de soumission mentale. On voit d’ailleurs ce phénomène apparaître sournoisement avec une jeunesse qui prône la médiocrité comme unique modèle à suivre. Le « bad boy » est finalement victime de sa propre ignorance. Il contribue également à l’instauration de la société que les élites nous préparent. En croyant être un rebelle, le « bad boy » est, en fait, un collaborateur acharné et surtout ignorant de ce nouveau monde.

Il est maintenant indispensable de continuer le parallèle avec notre société contemporaine. L’individualisme y est de plus en plus prépondérant. La technologie prend une ampleur phénoménale. Le savoir tend à se résorber dans les multinationales au détriment du peuple. Les règles collectives s’effacent lentement au profit de la liberté individuelle des plus fortunés. La civilisation se transforme imperceptiblement au fil des générations pour tendre vers l’idéal de certains.

Nous savons que la révolution matérielle a déjà eu lieu dans le passé à partir du « siècle des lumières ». Ce qui manque aujourd’hui pour faire basculer notre civilisation dans ce nouvel-âge infernal, c’est une révolution spirituelle, typiquement New Age, imprégnée de cette gnose universelle. À cet effet, la révolution « Burning Man » progresse lentement mais sûrement. Comme le dit si bien Larry Harvey, le monde changera lorsqu’il sera entièrement imprégné de cette nouvelle spiritualité. Si cette révolution devait avoir lieu, elle se ferait certainement dans le silence le plus absolu. Les individus éveillés à ces pratiques deviendraient forcément les complices involontaires de la mise en place de ce nouveau monde esclavagiste. La résistance serait infime, voire inexistante par manque de discernement d’une majorité de la population. Ce n’est bien évidemment qu’une hypothèse réfléchie, mais si elle s’avérait juste, elle serait tout simplement terrifiante. J’espère sincèrement que l’homme de « Chrome-Agnon », selon Google, ne verra jamais le jour.

Ci-dessous, un reportage sur le festival Burning Man nommé la ville qui n’existait pas

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Ci-dessous, une information de France Info sur les projets fous de Google

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Ci-dessous, un reportage sur Google nommé Google, la machine à penser

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Ci-dessous, une émission sur le festival Burning Man nommée j’irai dormir chez l’homme qui brûle

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Ci-dessous, un documentaire nommé le monde selon Google

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Lien vers le fichier PDF : http://www.fichier-pdf.fr/2014/05/30/tout-ce-que-vous-devez-vraiment-savoir-sur-google/

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