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Big Data, les données informatiques sont le nouveau pétrole

Posté par Auteur le 24 mai 2014

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Avant de commencer cet article, il est indispensable de donner une définition du Big Data. Concrètement, il s’agit des données générées par les applications basées sur l’Internet. Par exemple, les réseaux sociaux créent de gigantesques flux d’informations qu’il n’est pas possible de traiter avec des logiciels standards comme des bases de données PostGreSql, Mysql, Oracle ou autre. Il est nécessaire d’utiliser des outils solides capables de traiter ces énormes flux mondiaux. Le secteur est très porteur depuis quelques années déjà.

À présent, l’analyse des données du Big Data a le vent en poupe. Grâce ces énormes flux, il est possible d’effectuer des analyses prédictives. Cependant, il est indispensable de raffiner ces données pour qu’elles soient valorisées sur le marché. C’est le travail de nombreux supercalculateurs qui analysent et trient ces volumes gigantesques de données en temps réel. Ce sont les algorithmes développés par les entreprises innovantes qui sont en mesure de fournir cette valeur ajoutée. Ainsi, ces nouvelles données se transforment en pétrole raffiné.

Le traitement des données concernant les déplacements des personnes ciblées est effectué, en priorité, à des fins mercantiles. Ainsi, le but est de prédire quels sont les achats que le consommateur lambda effectuera dans un futur immédiat ou proche. C’est à ce moment qu’une publicité ciblée apparaîtra, idéalement, sur l’appareil utilisé. Celui-ci pourrait être tout aussi bien un smartphone, qu’un véhicule dernier cri, un appareil électroménager ou, finalement, n’importe quel gadget futuriste connecté à l’Internet. Par exemple, un néo-citoyen qui aurait faim dans sa voiture dernier cri alors qu’il passerait devant un fast-food aurait droit à une publicité, affichée sur l’écran de son véhicule, ventant les mérites de ses sandwichs afin de l’inciter à s’arrêter à proximité.

Autre chose, il est important de savoir que « si vous utilisez un logiciel gratuit sur internet, c’est que vous êtes le produit ». Cela signifie que les utilisateurs de Facebook, Twitter, Google+ ou tout autre site de partage gratuit sont la « matière brute » exploitée par des sociétés que l’on appelle des « Data Broker ». Celles-ci analysent avec une grande pertinence les données des utilisateurs. Par exemple, la société Acxiom, créée en 1969 aux États-Unis, annonce qu’elle est « expert de la donnée client, de l’analytique et des services marketing. S’appuie sur une solide expérience de 40 ans dans l’exploitation de la richesse des données clients pour renforcer les connexions entre consommateurs et annonceurs sur l’ensemble des médias. »

Les données analysées, décortiquées et finalement traitées offrent une forte valeur ajoutée, d’un point de vue mercantile, c’est pour cela qu’elles sont revendues à des sommes astronomiques, c’est-à-dire plusieurs centaines de milliards de dollars. Bien évidemment, les consommateurs ne reçoivent pas d’argent parce qu’ils sont eux-mêmes les cibles de ces sociétés. L’analyse de données issues du Big Data tend à devenir une science en soi, il faut savoir que ses applications sont de plus en plus nombreuses.

Par exemple, Barak Obama s’est servi des données issues du Big Data pour faire sa campagne électorale de 2012. Rayid Ghani a été chargé de la campagne numérique du président américain actuel. Cela a permis de sélectionner et d’influencer ceux qui étaient intéressés par Obama mais qui restaient relativement indécis. Cinquante informaticiens ont sélectionné ces électeurs afin de les influencer en faveur du président. Le Big Data a permis d’extraire les données politiques de ces individus grâce aux traces qu’ils ont laissées sur les réseaux sociaux. Là est le secret de la campagne du président américain. Autant dire que cette élection semble subitement moins démocratique puisqu’il y a eu un ciblage et une influence sur la décision finale des électeurs supposés être libres de leur choix.

En France, l’équipe de François Hollande a utilisé la même stratégie, il s’avère que cette dernière s’est annoncée payante. Cela a permis aux équipes chargées du porte à porte de cibler les personnes à influencer en faveur du président français. Il paraît évident qu’un certain nombre d’électeurs rencontrés personnellement auront davantage tendance à voter pour la personne désignée. C’est ainsi que le libre-arbitre s’est vu subtilement dévié à la manière d’un bateau qui recevrait, au moment critique, un nouveau commandant de bord. La bonne question à se poser est la suivante. Est-ce que ce procédé est entièrement démocratique puisque ce n’est plus le hasard qui a dirigé les équipes chargées du porte à porte mais les données issues du Big Data ?

Pour continuer un peu sur le terrain politique, Nathaniel Read Silver alias Nate Silver est un statisticien américain expert en prédiction. Pour lui, l’avenir est composé d’équations mathématiques qu’il faut savoir analyser de manière rationnelle. Il explique qu’une campagne politique est stable et prédictive mais rarement passionnelle. Les politiciens souhaitent travailler avec cet homme mais celui-ci refuse afin de conserver son indépendance. Le problème c’est qu’il existera forcément d’autres personnages du même genre que Nate qui se spécialiseront probablement dans les données du type « Précrime » comme dans le film Minority Report, dans lequel joue Tom Cruise. Sauf que les oracles ne seront pas des devineresses, mais, bel et bien des machines intelligentes et connectées sur l’Internet. Dans ce cas, des dérives seraient statistiquement possibles.

D’autant plus que deux millions de personnes devraient être embauchées avant 2020 dans le secteur des analyses prédictives. Comment seront répartis ces emplois, nul ne le sait. Il faut savoir que Nate Silver a récemment choisi de travailler pour des journaux sportifs spécialisés dans le base-ball et le football américain. Autant dire que ce genre de génie est volatile et peut rapidement changer d’employeur. Par conséquent, tout est possible, pour le meilleur ou pour le pire. Il semble inéluctable que les futurs talents se positionneront sur les secteurs dans lesquels il y aura de fortes demandes, reste à savoir quels seront ceux les plus attirants.

Les données du Big Data seront forcément utilisées par les futurs logiciels dédiés à l’Intelligence Artificielle. L’architecture système contemporaine est le support nécessaire pour ceux qui souhaitent mettre en place le transhumanisme. Sans données, une Intelligence Artificielle reste lettre morte parce qu’elle a besoin d’une entropie élevée, c’est-à-dire, qu’elle a besoin de récolter des informations variées pour progresser dans l’analyse et l’apprentissage. Indéniablement, le transhumanisme et l’Intelligence Artificielle sont interconnectés.

En effet, sans un support logistique roboti, le transhumanisme resterait vain. L’humain sera nécessairement épaulé par ce que l’on peut appeler, pour vulgariser, une Tour de Contrôle, c’est-à-dire un cerveau artificiel installé au cœur du système. Le transhumanisme s’appuie sur tous les projets de haute technologie qui sont nécessaires à son instauration. Plus la progression technologique serait élevée, c’est la loi de la singularité, plus la civilisation serait transcendée par celle-ci. Le transhumanisme est, par conséquent, le but ultime que les élites milliardaires souhaitent atteindre. Que les populations concernées approuvent ou non le projet importe peu pour ceux qui dirigent le navire technologique.

Ce qu’il est important de comprendre, c’est que le Big Data n’est seulement qu’une étape dans l’évolution de notre société. Lorsque le pallier nécessaire aura été atteint, une nouvelle technologie viendra remplacer les « Data Broker ». Les robots remplaceront alors les humains positionnés sur ce secteur. Cela aura pour effet d’amplifier la progression technologique en même temps qu’elle modifierait certainement désavantageusement la société humaine. Ainsi, la civilisation occidentale connaîtra potentiellement un développement fulgurant. Cela rejoint la maxime qui affirme que l’« on n’arrête pas le progrès ». Ainsi, cet essor serait incontrôlable et ne pourrait pas être arrêté. Le danger est bel et bien réel, nous dépendons déjà tellement des machines que nous ne pouvons pas les écarter du système sous peine de voir la bourse s’effondrer. Tout cela est proprement terrifiant et nous, les citoyens, sommes impuissants face à ce phénomène.

Ce n’est pas le peuple qui a décidé de cette avancée technologique, ce sont les élites dirigeantes. Il s’avère que nous sommes bien les « sujets », et non pas les « acteurs », de la civilisation occidentale contemporaine. La suprématie du peuple est devenue la dernière préoccupation de nos dirigeants, c’est là un constat décevant mais bel et bien réaliste. Cela s’explique par le fait que l’argent est devenu la source de motivation primordiale de nos capitaines. L’humain est en train de devenir la base de la nouvelle société de consommation dans laquelle, probablement, une majorité d’entre nous seraient des consommateurs de leur propre amélioration.

Par conséquent, le transhumanisme empêcherait potentiellement l’effondrement complet du système actuel puisqu’il engendrerait une refonte complète du libéralisme en une société mercantile de haute technologie. Si cette étape est bien gérée par les élites dirigeantes, ils obtiendraient le privilège de devenir encore plus riches qu’ils ne le sont pendant que les populations deviendraient les consommés, autrement dit les dindons de la farce, améliorés par la technologie. Les dirigeants sont loin d’être idiots, ils savent que notre civilisation est au bord de la faillite. Ils tentent de tenir le Titanic à flots en espérant réparer ses parties endommagées grâce aux différentes étapes annonçant le transhumanisme qui deviendrait alors une gigantesque rustine.

Soit nous sommes à la veille d’un effondrement total de notre civilisation, soit nous sommes à la veille de sa transformation radicale. Dans la première hypothèse, nous retournerions inéluctablement à l’âge de pierre. Dans la seconde, l’humanité se transformerait en autre chose. Nos descendants seraient des mutants bio-technologiques qui risqueraient de ne plus conserver grand-chose de leur humanité initiale si ce n’est leur cerveau. Il est nécessaire de conserver un œil ouvert sur les actualités afin d’être informé à temps du krach potentiel ou de la réussite du virage technologique amorcé.

Notre futur semble entaché de nombreuses difficultés, cependant il est nécessaire de rester confiant et d’espérer un retour à la raison de ceux qui nous dirigent. Ceci est évidemment une note optimiste car il semble très improbable que ceux qui ont lancé la transformation de notre civilisation acceptent de faire machine arrière. Il est à souhaiter qu’une troisième hypothèse s’ouvre, celle dans laquelle l’humanité évoluerait vers la sagesse, le pardon et l’amour mais seul l’avenir nous le dira. Je vous souhaite une agréable journée. Pour conclure sur une note d’humour, vous pouvez maintenant vous faire un Big Bisou.

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