L’homme contemporain face au mythe des Héros

Posté par Auteur le 22 mai 2014

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La mode des Héros ou Super-Héros n’en finit plus, cela en devient même lassant mais cela s’explique plutôt bien si l’on connaît la volonté de ces personnes fortunées ou puissantes, comme Raymond C. Kurzweil, Lawrence B. Brilliants, Peter Diamandis, David Dalrymple, Marcel Just, Tom Mitchell, Rajiv Khosla, Salim Ismail ou Kevin Warwick pour ne citer qu’eux. Je laisserai au lecteur le soin d’en découvrir certains à travers ce reportage appelé « un monde sans humains » de Philippe Borrell.

Je continue cet article en parlant un peu du mythe des Héros tout en m’appuyant sur les définitions données par Wikipedia. Un Héros est « un demi-dieu, un personnage légendaire, un idéal, un surhomme ou simplement une personne courageuse, faisant preuve d’abnégation. ». Le héros des temps antiques est « soit mythique, ayant une parenté directe avec le panthéon, ou légendaire, auquel cas il est fréquemment lié à un dieu tutélaire. » Ce qu’il faut savoir, c’est que « les pouvoirs du héros mythique émanent de son statut de demi-dieu. »

Sans entrer plus loin dans le détail, on constate que le Héros est supérieur à l’homme traditionnel. Il représente un modèle à suivre, un idéal. Le Héros du passé s’est transformé en Super-Héros, à partir des années 1960, grâce à Marvel Comics. Un Super-Héros est un homme qui est doué de pouvoirs et qui possède une personnalité plus ou moins sombre.

C’est grâce à la bande dessinée que ces êtres extraordinaires ont envahi notre société. Lorsque nous étions enfants, ces personnages nous faisaient rêver mais cela relevait du domaine de l’imaginaire parce que Superman, Spiderman ou encore Batman restaient des êtres représentés sur des pages blanches un peu granuleuses. C’est notre esprit d’enfant qui les faisait vivre dans le monde réel. Aujourd’hui, suite à l’ère du cinéma, ce temps est révolu.

Les Super-Héros ont envahi les écrans de cinéma et ont de plus en plus d’impact sur les jeunes esprits. Il est évident que quand un enfant ou un adolescent voit sur un écran géant des personnages plus vrais que nature, il doit certainement avoir envie de les imiter. L’identification est beaucoup plus facile lorsqu’on assiste à un spectacle qui semble réel.

Il est important de noter que lorsque nous étions enfants, nous adaptions les super-héros de bandes dessinées à notre univers personnel selon nos envies. Aujourd’hui, c’est l’enfant qui doit s’identifier au super-héros puisqu’il pénètre dans un univers de fiction proche de la réalité. L’imagination de l’enfant est reléguée au second plan lorsqu’il visionne un film parce qu’il n’a pas le temps de penser devant des images défilant à toute allure. Il y a eu une inversion des comportements. L’enfant du XXe siècle était plutôt « acteur » alors que celui du présent est forcément plus « passif » puisqu’il n’a plus besoin d’utiliser son imagination.

La société du XXIe siècle reconnaît l’enfant comme un client potentiel alors que nous, bambins du XXe siècle, étions considérés davantage comme de simples gamins. Nous avions le temps de grandir au rythme de nos pensées, nous pouvions nous rouler dans l’herbe du haut des pentes, nous pensions à nous amuser avec les copains et les copines pour partager de formidables moments. Notre naïveté était très certainement un rempart contre la cruauté du monde. C’est probablement ce qui rendait le monde plus beau. Aujourd’hui, un enfant rentre rapidement dans l’univers des adultes avec ses désillusions et ses instincts de consommateurs. La magie de l’enfance s’est évaporée au profit d‘un clientélisme dénué de joie de vivre.

L’enfant est invité à s’identifier à des Super-Héros qu’on lui impose à travers des films reflétant la culture américaine. Ces Super-Héros sont pour la plupart des victimes de la science, Hulk avec les rayons gamma, Superman avec l’araignée génétiquement modifiée, Iron Man avec son armure de haute technologie, Wolverine avec ses griffes de métal, etc… L’ensemble de ces personnages possèdent un pouvoir que les véritables humains ne peuvent pas acquérir, du moins, pas pour l’instant.

Un homme qui est venu au monde de manière naturelle n’est pas doué de pouvoirs extraordinaires, sauf bien évidemment dans de rares cas. Par conséquent, les Héros ou les Super-Héros restent dans le domaine du mythique parce qu’ils ne sont pas accessibles aux êtres humains. Cependant, on s’aperçoit que la doctrine du transhumanisme est de plus en plus envahissante ces derniers temps. Comme nous le savons déjà, cette néo-philosophie propose d’améliorer l’homme en échange de flux financiers. La marchandisation de l’homme enrichira les dirigeants des entreprises innovantes et contribuera certainement, de ce fait, à marginaliser les couches populaires.

On est en mesure de se demander si ces films de Super-Héros ne prépareraient pas le terrain au transhumanisme. Les enfants de la nouvelle génération, imprégnés de cet univers fantasmagorique, seront forcément attirés par une technologie novatrice qui pourra les transformer, à leur tour, en Super-Héros. Cependant, l’homme transformé sera avant tout un client de l’une de ces grandes entreprises américaines ou asiatiques. Il subira l’influence des machines et sera beaucoup plus maîtrisable grâce à la technologie qu’on lui aura implanté dans le cerveau. Cependant, il risque de ne pas le percevoir parce qu’il aura baigné depuis l’enfance dans un univers technologique. C’est comme l’oiseau né en cage qui n’a jamais connu la liberté.

Les générations suivantes seront tellement imprégnées de cette technologie, omniprésente, qu’elles ne sauront pas qu’il existait un mode de vie beaucoup plus sain dans le passé. Ces adultes du futur n’auront probablement jamais roulé dans l’herbe un soir d’été, goûtés aux merguez un peu trop grillées un soir de barbecue avant de plonger dans la piscine de la maison du père de leur ami. Ils n’auront peut-être jamais vu des champs à perte de vue, senti l’air pur de la montagne, joué à la marelle ou au ballon prisonnier. La vie dans ce futur, selon ce que l’on nous annonce, semble peu réjouissante. Les difficultés découlant de l’usage abusif de la technologie auront occulté cette simplicité enfantine si caractéristique du passé.

Sentir le linge plié dans l’armoire de sa grand-mère, rentrer dans la maison de campagne du vieux voisin agriculteur, sentir les effluves du vin en fermentation chez un vigneron, être assis en terrasse d’un restaurant un soir d’été en entendant le tintement des verres et des couverts, écouter le chant des cigales dans un champ de lavande, rigoler à en perdre la tête le soir venu avec son meilleur ami, courir dans les champs en écartant les bras tout en hurlant « liberté ». Est-ce que nos descendants auront au moins connu cela ? Est-ce qu’ils seront prisonniers des machines, esclaves de la nanotechnologie, enfermés dans des cercueils technologiques en croyant évoluer dans une vie réelle ?

La simplicité est caractéristique de la véritable liberté. Dès que les choses se compliquent dans une civilisation, c’est qu’une subtile dictature a remplacé le libre-arbitre. Cette liberté s’est entachée d’une notion qui lui donne un goût amer dans la bouche. Si la liberté, ce mot, pouvait s’apprécier selon nos cinq sens, je crois qu’il nous dirait ceci, « ferme les yeux, imagine-toi debout dans un champ de lavande, écoute les cigales, respire ce doux parfum, sent la brise légère te caresser le visage, découvre la terre craquelée qui s’amoncelle sous tes pieds, hume à pleins poumons cet air pur, fait exploser cette envie de vivre et cours, cours aussi loin que tu pourras en chantant l’hymne à la joie. »

La liberté est belle, joyeuse, fleurissante, heureuse, douce, tendre, plein d’amour pour nous. Dès qu’elle perd ses caractéristiques, la liberté fane comme une fleur et meurt. Elle nous entraîne là où elle ne voulait pas nous emmener. Elle subit la volonté des dirigeants qui l’ont forcé à devenir cette haine féroce pour des ennemis qui possèdent pourtant une tête, deux bras et deux jambes. Cet ersatz de liberté se transforme en haine fratricide qui fait prendre les fusils pour se massacrer les uns les autres dans un carnage effroyable. Elle se retourne pour pleurer et se cache pour mourir parce que les hommes en ont fait un monstre. Cependant, quoi que nous en fassions, la liberté reste aussi belle qu’elle doit l’être parce qu’un concept est immuable, invariable, sous la lumière de la vérité.

L’homme qui se laisse bercer par la véritable liberté est un individu simple qui vit au rythme de la nature. Il prend le temps de respirer, de regarder les oiseaux, de contempler la montagne. Cet homme-là n’est pas un Super-Héros parce que tout ce qu’il souhaite c’est être heureux. Devenir un Super-Héros dans un monde froid, rigide, blanc comme un cadavre et tout aussi autoritaire ne rend certainement pas heureux.

Au lieu de jouer les Super-Héros, il vaut mieux profiter pleinement de notre vie d’homme ou de femme libre, c’est certainement là le sens de notre destinée. Je crois sincèrement que l’homme contemporain est confronté au mythe des Héros. La question est de savoir ce qu’il en tirera. Deviendra-t-il un demi-dieu et si c’est le cas, que fera-t-il de mieux ? Colonisera-t-il d’autres planètes ou s’autodétruira-t-il ? Seul l’avenir nous le dira mais finalement, j’espère ne jamais voir cela. Je tiens trop à cette liberté qui me demande de courir en chantant l’hymne à la joie.

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